Risque machine : prévenir les accidents et protéger vos salariés
Les équipements de travail sont de différentes natures et se retrouvent dans tous les secteurs d’activité. Que ce soient des machines, des engins, des outils…, ils peuvent être à l’origine de maladies professionnelles ou sources d’accidents du travail dont les conséquences peuvent être graves.
Contrairement aux idées reçues, la prévention des risques va au-delà de l’acquisition d’une machine conforme aux normes CE.
Elle repose également sur la formation, sur le respect de la notice d’instruction, et sur la connaissance des bonnes pratiques d’utilisation et d’entretien.
Risques professionnels liés à l’utilisation de machines : de quoi parle-t-on ?
Le risque machine regroupe tous les dangers liés à l’utilisation d’une machine ou à ses équipements. De nombreux métiers utilisent des machines et chacune comporte des risques différents selon l’activité, l’environnement et les contraintes d’utilisation.
Les principaux risques sont :
- mécaniques : écrasement, heurt, cisaillement, coupure, etc. ;
- chimiques et électriques : liés aux énergies et produits utilisés ou rejetés ;
- liés à d’autres dangers : chutes, brûlures, rayonnements, bruit, vibrations, postures, cadence, etc.
Ces accidents ont des conséquences humaines graves (arrêts de travail, amputations, …) et entrainent une désorganisation pour l’entreprise : arrêts de production, absentéisme… Prévenir ces risques, c’est avant tout protéger la santé et la sécurité des opérateurs, et assurer la continuité et la performance de l’entreprise.
Comment agir pour prévenir le risque machine ?
La formation
La formation est essentielle, aussi bien pour les opérateurs que pour les professionnels qui réalisent les opérations de maintenance.
1. Former les utilisateurs
La notice d’instructions du fabricant est la base de la formation. Il est recommandé d’établir une fiche de poste reprenant : les risques, les consignes d’utilisation, les équipements de protections individuelles et les gestes interdits.
Le site de l’INRS met à votre disposition un modèle de fiche de poste.
2. Former les personnels de maintenance
Les opérateurs en charge de la maintenance sont des utilisateurs vulnérables : leurs interventions les exposent à des risques supplémentaires. Ils doivent être formés et qualifiés aux opérations à réaliser. Si nécessaire, ils doivent également être formés à la consignation de toute énergie et disposer d’une habilitation électrique (site INRS) adaptée.
3. Se former à la conduite des engins et appareils de levage
Les conducteurs de chariots, nacelles, engins mobiles ou appareils de levage doivent disposer d’une autorisation de conduite délivrée par l’employeur (art. R.4323-56 du Code du travail).
Cette autorisation repose notamment sur une formation spécifique à la conduite en sécurité (art. R.4323-55), réactualisée régulièrement.
Le Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) est l’un des dispositifs d’évaluation des conducteurs créés afin de s’assurer que ceux-ci disposent des compétences théoriques et pratiques nécessaires pour conduire en sécurité certains équipements de travail mobiles automoteurs ou servant au levage.
ENCADRE : L’INRS propose la formation « identifier les étapes clés à la démarche de prévention du risque machine », pour les professionnels en charge de la sécurité et de la santé au travail en entreprise.
Les mesures techniques
À chaque étape du cycle de vie d’une machine, il existe des actions permettant de réduire les risques pour les opérateurs et l’entreprise.
1. Evaluer les risques
L’évaluation des risques réalisée par le fabricant ne remplace pas celle de l’entreprise. En effet, elle doit se faire dans l’environnement de travail et elle doit prendre en compte les produits travaillés, les spécificités de l’entreprise et de son organisation. Cette évaluation doit être intégrée au Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnel (ameli.fr)
2. Choisir et acheter une machine
Avant d’acquérir une machine, une réflexion conjointe avec les différents métiers concernés par cette machine doit être menée afin de s’assurer de son adéquation et anticiper les risques. Il est recommandé de rédiger un cahier des charges précis. L’INRS met à votre disposition la brochure « Réussir l’acquisition d’une machine ou d’un équipement de travail » pour vous aider à définir les critères de sélection d’une machine.
Vérifiez ensuite que la machine est livrée avec sa déclaration CE de conformité et sa notice d’instructions, les deux rédigés en français.
3. Installer et mettre en service
En général, pour certaines grandes machines, c’est au fabricant ou au fournisseur d’installer et de régler la machine. Pour les autres, l’installation peut générer des risques liés à la manutention et au montage. Prévoyez :
- un espace suffisant autour de la machine ou un mur protecteur (pour cela, référez-vous à la notice d’instruction) ;
- des accès sûrs pour les interventions (escaliers et plateforme sécurisés, etc.) ;
- le respect des préconisations du fabricant (charge au sol, atmosphère, réglages, aspiration, etc.).
Une vérification par un organisme indépendant est recommandée avant la mise en service. En complément, la formation des opérateurs est également un point essentiel pour protéger leur santé et leur sécurité.
4. Organiser la maintenance
Intégrez la maintenance dans l’évaluation des risques. Assurez-vous aussi que les salariés soient formés et disposent de modes opératoires et de procédures d’intervention formalisés pour le fonctionnement, la consignation, le nettoyage et la maintenance de la machine.
5. Utiliser la machine en toute sécurité
Observez l’utilisation réel et les retours des opérateurs : ils repèrent souvent des situations à risque non prévues par le fabricant.
Tout au long de la durée de vie de la machine, assurez-vous que :
- les protecteurs et dispositifs de protection sont fonctionnelles et non dégradés ;
- les organes de commande sont identifiés clairement et sans ambiguïté (boutons poussoirs, leviers, volants, etc.) ;
- les consignes et avertissements sont lisibles ;
- les pièces usées sont remplacées conformément à la notice d’instructions.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la Recommandation R488 « Dynamique d’amélioration des conditions d’intervention en sécurité sur les machines » sur le site ameli.fr
Certaines machines nécessitent des vérifications générales périodiques réglementaires. Même pour les machines non concernées, des contrôles réguliers de sécurité sont recommandés.
Retrouvez sur le site de l’INRS un rappel des principales vérifications périodiques.
6. Modifier une machine mise en service
Une modification peut améliorer la sécurité, mais elle peut aussi créer de nouveaux risques.
Il faut, pour chaque modification de machine :
- analyser le besoin de modification ;
- faire l’évaluation des risques de la modification ;
- constituer un dossier de modification (= tracer la modification) ;
- informer et former les salariés de la modification ;
- mettre à jour les procédures, notice d’instructions, etc.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le document « Amélioration d’une machine en service », sur le site de l’INRS.
Une subvention pour réduire les risques de troubles musculosquelettiques
Pour vous aider à acquérir une machine dans le but de palier les risques générés par la manutention manuelle, les gestes répétitifs et les risques induits par les vibrations, l’Assurance Maladie – Risques professionnels vous propose la subvention prévention risques ergonomiques. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page dédiée à la subvention Prévention des risques ergonomiques sur ameli.fr.
Pour aller plus loin
- Rubrique « Risque machine » (ameli.fr)
- Dossier « Risque machine » (inrs.fr)
- Site « Sécurité Machine » (inrs.fr)




